Bosnie-Hérzegovine

Nouvel échec en Serbie pour Vojislav Kostunica

Faute de quorum, l'élection présidentielle du 8 décembre sera de nouveau invalidée.

Belgrade de notre envoyé spécial

Vojislav Kostunica, le président de la Fédération yougoslave (RFY, Serbie et Monténégro), a subi un affront en échouant une nouvelle fois lors de l'élection présidentielle de Serbie, dimanche 8 décembre. Le "tombeur" de Slobodan Milosevic en septembre 2000, à la tête de la RFY, n'est parvenu à mobiliser que 44,8 % de l'électorat, en deçà du quorum des 50 % nécessaire à la validité du premier tour de scrutin.

Déjà "vainqueur", le 13 octobre, d'une élection invalidée faute du quorum, M. Kostunica a de nouveau remporté, dimanche, une victoire inutile, avec 58 % des suffrages exprimés, devant ses deux concurrents ultra-nationalistes : Vojislav Seselj (35 %), président du Parti radical serbe (SRS), et Borislav Pelevic (3,4 %), leader du Parti serbe de l'Unité (SSJ, fondé par l'ancien chef de milice, Arkan.

Une nouvelle élection devrait avoir lieu fin février. En attendant, Natacha Micic, présidente du Parlement et membre du parti démocrate du premier ministre, Zoran Djindjic, devrait hériter de la présidence par intérim. Si les constitutionnalistes se mettent d'accord sur l'interprétation de la loi fondamentale, elle succéderait temporairement à Milan Milutinovic, dont le mandat expire le 5 janvier. Ce fidèle de Slobodan Milosevic est attendu à La Haye par les juges et procureurs du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie à propos du Kosovo.

Vojislav Kostunica et Zoran Djindjic, frères ennemis depuis qu'ils ont fait tomber le régime de Milosevic, se rejettent la responsabilité de ce nouvel échec. "Kostunica a reçu une offre lui proposant mon soutien, qu'il a rejeté dédaigneusement. Si l'élection est un échec, il en sera le seul responsable. Je ne crois pas que le Parti démocratique (DS, présidé par M. Djindjic) ou le gouvernement puissent être responsables d'un possible échec électoral", avait déclaré M. Djindjic à la presse, avant la publication des résultats. "Je n'ai vu aucune campagne électorale. Le DS et moi-même n'avons pas vu notre place dans cette campagne", a-t-il ajouté.

DES LISTES "POLLUÉES"

Le premier ministre donne le sentiment de vouloir humilier Vojislav Kostunica, en usant du pouvoir de nuisance dont il dispose. Il n'a mobilisé ni ses militants ni l'appareil de son parti. Interrogé sur une éventuelle motion de censure au Parlement serbe, M. Djindjic s'est voulu confiant quant au maintien de son gouvernement réformateur. Il doute qu'une majorité se dessine contre lui.

Dimanche matin, M. Kostunica avait déclaré qu'un éventuel échec du scrutin "entraînerait des élections législatives" anticipées. Ces élections permettraient de clarifier le rapport de forces au sein de la coalition portée au pouvoir après la chute de Slobodan Milosevic, mais qui, depuis, a vécu.

Au soir des résultats, M. Kostunica a accusé le gouvernement de ne pas avoir assez fait pour "nettoyer" les listes électorales héritées du régime Milosevic, des listes "polluées" par le grand nombre de déplacés durant les guerres et le flou sur le nombre des électeurs du Kosovo. Le parti démocrate de Serbie (DSS) de Vojislav Kostunica estime ainsi que 70 000 personnes sont enregistrées deux fois. "Cet échec est une honte pour le gouvernement", a-t-il martelé.

Christophe Châtelot

Nouvel échec en Serbie pour Vojislav Kostunica



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